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picto Vermifugation : Pourquoi raisonner les traitements de vos bovins ?


Après celles des phytosanitaires et des antibiotiques, la diminution de l’utilisation des médicaments antiparasitaires s’inscrit logiquement dans le contexte global de réduction des intrants chimiques en agriculture et élevage, alimenté par une demande sociétale vers des pratiques plus respectueuses de la santé et de l’environnement.

 

Cibler plus, pour traiter mieux… et moins !

Conscients des conséquences du parasitisme interne sur la productivité, la santé voire le bien-être de vos animaux et disposant maintenant de médicaments efficaces, la plupart d’entre vous ont intégré la vermifugation comme un acte courant dans la conduite de leur troupeau.

S’il est reproduit presqu’à l’identique d’une année sur l’autre, votre plan de traitement peut cependant vite s’avérer inadapté ! En pratique, on constate une tendance à surtraiter contre les strongles, à surestimer le nombre de parasites traités par les endectocides ou à les utiliser au mauvais moment mais aussi à sous-estimer le risque lié aux trématodes (douves et paramphistomes) et à la coccidiose, dont les manifestations sont souvent plus difficile à détecter.

Le recours à des examens de laboratoire permet l’identification des parasites présents dans l’élevage, et aident votre vétérinaire à adapter la bonne prescription.

La gestion des pâtures, la main d’œuvre, le temps et la contention dont vous disposez doivent également être intégrés à la réflexion. Des mesures agronomiques telles que la mise en défends des points d’abreuvement naturels pour éviter la contamination par la douve ou une conduite d’élevage appropriée (dates de mise à l’herbe et de rentrée à l’étable, rotations de pâturage, fauchage, complémentation) pour limiter le risque strongles, permettent de réduire ou d’éviter les traitements.

 

Favoriser le développement de l’immunité… quand elle est utile

L’objectif de la lutte contre les strongles digestifs est de permettre, au cours des deux premières années de pâture, le développement d’une immunité par un contact régulier avec un faible nombre de parasites, tout en évitant les symptômes qui seraient provoqués par une infestation plus massive et en limitant les pertes de croissance.

Trop vermifuger peut gêner l’acquisition de cette immunité.

En revanche, l’immunité contre la douve ne protège pas l’animal des réinfestations successives et des symptômes les plus graves. Chercher à l’obtenir n’a donc pas d’intérêt !

 

Faire des économies

Les marges en élevage étant de plus en plus faibles, les traitements non justifiés sur le plan médical ou du rapport gain de croissance/coût de l’antiparasitaire sont à proscrire !

Il sera beaucoup plus efficace et économique de réorienter les moyens financiers consacrés à la prévention antiparasitaire sur des analyses et un conseil annuel efficace.

 

Eviter la multiplication des résistances !

Les résistances des strongles des ruminants aux anthelminthiques représentent un problème considérable en Afrique, Amérique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande. En France, elles sont fréquentes chez les ovins et les caprins, mais heureusement encore non décrites chez les bovins.

La réduction a minima de la fréquence d’usage des antiparasitaires encore efficaces, le respect de la posologie pour éviter le sous-dosage et la sélection des animaux à traiter devraient permettre de prolonger l’efficacité des vermifuges disponibles, surtout dans un domaine où les découvertes de nouveaux médicaments restent rares.

 

Ne pas risquer de laisser des traces de médicaments dans l’alimentation humaine

Tout résidu de médicament peut s’avérer dangereux pour le consommateur de denrées alimentaires d’origine animale. Evidemment, moins on en utilise  en d’élevage, moins on risque d’en retrouver dans la viande et le lait !

Suite à une étude de résidus d’oxyclozanide dans le lait des vaches traitées avec ce produit douvicide, le temps d’attente lait, auparavant nul, a été porté à 9 traites. Le temps d’attente viande pour la moxidectine longue action dépasse 100 jours, celle des bolus AP est de 4 à 6 mois !

 

Tenir compte de l’environnement

Enfin, certaines molécules à actions longue conservent tout ou partie de leurs propriétés insecticides une fois évacuées dans les bouses et peuvent représenter un danger pour la faune des écosystèmes de prairie, notamment les coléoptères coprophages (communément appelés « bousiers »).

Or, ceux-ci sont indispensables à la bonne dégradation des bouses et, au final, à une bonne qualité des prairies.

 

Les justifications pour une gestion plus raisonnée du parasitisme sont nombreuses et vont toutes dans le même sens !

Parlez-nous en, dans ce domaine, votre vétérinaire est le mieux à-même de vous aider à construire une stratégie personnalisée, tenant compte de tous ces enjeux. Vous avez tout à y gagner !