chezmonveto

Nos conseils

Imprimer

picto Les aliments complémentaires pour veaux non sevrés


Les aliments complémentaires destinés aux veaux non sevrés complètent les apports de la ration quotidienne en minéraux, oligoéléments et vitamines.

Depuis le 1er septembre 2013, la dénomination « aliments - complémentaire ou minéral - diététiques » remplace le terme de « supplément nutritionnel » et leur teneur en micronutriments ne doit pas dépasser les apports journaliers autorisés.

Ne disposant plus de produits très concentrés traditionnellement utilisés sous forme de cure administrer à des phases critiques de l’élevage (pour le veau : naissance, croissance ou engraissement, stress, sevrage, allotement, transition alimentaire, mise à l’herbe, convalescence, troubles digestifs…), vous devrez miser sur des apports continus pour éviter les carences.

Certains minéraux sont indispensables dans la ration, en quantité variable (du gramme à quelques dizaines de grammes). Il s’agit des éléments suivants: le sodium (Na), le calcium (Ca), le chlore (Cl), le phosphore (P), le magnésium (Mg), le potassium (K) et le soufre (S).

Les oligo-éléments sont aussi indispensables dans l’organisme en quantité plus faible (de l’ordre du milligramme): iode (I), cobalt (Co), zinc (Zn), manganèse (Mn), cuivre (Cu), fer (Fe), sélénium (Se), molybdène (Mo).

 

Sous quelles formes les aliments complémentaires sont-ils disponibles ?

 

Les aliments complémentaires diététiques  pour veaux sont disponibles sous forme de : liquide, poudre ou granulés à mélanger avec la ration.

Il existe aussi des pierres à lécher ainsi que des pâtes ou des liquides contenus dans des seringues à administrer par voie orale.

Pour les animaux suffisamment âgés, les bolus intra ruminaux semblent constituer la solution galénique la plus adaptée pour maitriser les apports journaliers et s’affranchir de l’astreinte de la distribution quotidienne.

 

La première supplémentation des veaux, c’est un colostrum de bonne qualité !

 

Le colostrum apporte au veau non seulement des défenses immunitaires mais aussi les premiers nutriments nécessaires à sa croissance.

En France, il existe des aliments complémentaires colostraux à donner en plus du colostrum maternel. Néanmoins, une bonne qualité du colostrum maternel est à privilégier.

Dans une certaine mesure, le métabolisme énergétique de la mère privilégie naturellement les besoins du fœtus et la production de colostrum/lait par rapport à ses propres besoins. Néanmoins, elle ne peut pas donner ce qu’elle n’a pas !

On veillera donc à ce que la vache ne soit pas elle-même carencée. Pour cela, il peut être nécessaire de complémenter la ration en vitamine E (AD3E l’hiver) et en sélénium en fin de gestation.

Le colostrum est naturellement très riche en vitamine A chez la vache. Cependant chez les primipares cette teneur est souvent beaucoup moins importante. Dans ce cas-là, les veaux peuvent recevoir un supplément de vitamine A par voie orale 3 à 4 jours après la naissance.

De même dans certaines situations et régions, l’apport en iode au nouveau-né est également conseillé. Renseignez-vous !

 

Quels sont les besoins à couvrir pendant le sevrage ?

 

Jusqu’au sevrage, le veau boit du lait de vache correctement pourvu en calcium, phosphore, sodium, potassium ainsi qu’en vitamines C et B.

A l’inverse, la teneur de ce dernier en oligo-éléments (fer, cuivre, cobalt, zinc, manganèse, sélénium) est faible et très déficitaire en vitamines A, D3, E et K. Le veau trouve habituellement ces micronutriments dans les aliments qui diversifieront son alimentation.

Attention, il faut noter que les lactoremplaceurs sont habituellement déjà supplémentés.

 

Quelles sont les principales carences qui peuvent affecter les veaux ?

 

Les carences en minéraux peuvent être liées à une insuffisance d’apport dans la ration : on parle de carence primaire.

Dans d’autres cas, paradoxalement, elles sont liées à l’excès d’apport d’un minéral dont l’absorption est antagoniste et entrave la valorisation d’un autre nutriment. Dans ce cas on parle de carence secondaire.

D’autres carences dites secondaires courantes sont liées à des spoliations par les parasites du tube digestif (absorption des nutriments destinés au veau, avant lui, par les parasites).

- Une carence en vitamine D ou rachitisme, peut se manifester sur des jeunes élevés à l’obscurité.

- Une carence en vitamine E, qui agit en synergie avec le sélénium, provoque une dégénérescence musculaire, appelée myopathie-dyspnée ou raide qui atteint les muscles du système locomoteur, respiratoire et cardiaque.

- Le veau nait monogastrique, il n’a qu’un seul estomac fonctionnel. Son tube digestif va subir une métamorphose considérable dans les premiers mois de vie afin qu’il devienne un ruminant. Au cours de ces transformations, les bactéries du jeune rumen synthétiseront les vitamines du groupe B. Cependant, en cas d’acidose chronique la production de vitamine B1 est insuffisante et peut provoquer une nécrose du cortex cérébral (troubles nerveux, cécité, mort).

Citons enfin un cas particulier où la carence est intentionnelle : le veau de boucherie reçoit parfois un régime alimentaire pauvre en fer, en cuivre et en zinc, afin de produire une viande blanche appréciée des consommateurs. Dans ce cas néanmoins, l’anémie doit être maitrisée car si elle est trop importante, le veau mange moins et devient plus sensible aux maladies infectieuses.

 

Pensez à profiter du bilan sanitaire annuel pour faire le point sur l’intérêt des compléments alimentaires pour vos veaux. Au besoin, nous pourrons avoir recours à des analyses de laboratoire pour objectiver les carences et surtout les subcarences en micronutriments.