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picto Le Paramphistome


Paramphistomes adultes fixés sur la paroi du rumen.

Le Paramphistome : vieille connaissance, nouvel ennemi

 

A l’origine surtout décrite dans le centre de la France, en Bourgogne notamment dont le berceau charolais, la paramphistomose semble toucher de plus en plus d’élevages. Il s’agit d’une maladie due à l’infestation des bovins par un petit parasite de forme conique Calicophoron daubneyi, de la même famille - les trématodes- que la grande douve dont le cycle est très comparable. Il fait intervenir le même hôte intermédiaire, la limnée tronquée, mollusque amphibie inféodée aux zones humides.


  • Deux maladies pour le prix d’une !

Parfois dénommés douves du rumen, ces parasites peuvent vivre longtemps, jusqu’à 5 ans, et s’accumulent au fur et à mesure des saisons de pâturage. 

Les paramphistomes adultes présents en colonies de quelques centaines à plusieurs milliers d’individus dans le réseau et le rumen sont susceptibles de perturber mécaniquement leur fonctionnement et d’entrainer des troubles digestifs comme de l’acidose, des épisodes de diarrhée ou des météorisations intermittentes, un appétit capricieux. Ils se nourrissent de contenu de la panse. Les signes sont généralement peu spécifiques : baisse des performances zootechniques- croissance ou de production laitière- mauvais état général, poil piqué…

En revanche, les larves de paramphistomes se nourrissent de sang ; en migration dans la paroi de l’intestin et de la caillette, elles peuvent provoquer une diarrhée parfois mortelle lors d’infestation massive. L’origine de cette diarrhée survenant en fin de printemps ou d’automne, est difficile à trouver car les formes immatures ne pondent pas d’œufs observables dans les bouses. De plus, une ration déséquilibrée, des intoxications, d’autres parasites ou micro organismes infectieux sont à même de provoquer des diarrhées chez les bovins adultes : paratuberculose, strongles digestifs, coccidiose, rotavirus, etc.

 

  • Un diagnostic coproscopique

Contrairement aux douves, les paramphistomes pondent beaucoup et assez régulièrement. La coproscopie, examen des bouses pour identification et comptage d’œufs de parasites, est donc très utile pour connaitre le nombre d’animaux excréteurs et préciser l’intensité de l’infestation. Il n’existe pas de test sérologique.  

Si la coproscopie est très intéressante, son interprétation reste néanmoins délicate. En effet, le nombre d’œufs est directement corrélé au nombre de parasites adultes mais pas forcément à l’intensité des symptômes. Ces œufs sont par ailleurs très résistants et pourraient survivre jusqu’à 2 ans sur les pâtures.

 

  • Un traitement hors AMM

Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement médical vétérinaire avec une autorisation de mise sur le marché portant l’indication « traitement de la paramphistomose bovine ». Sous la responsabilité du vétérinaire, ce traitement repose uniquement sur l’utilisation de l’oxyclozanide par voie orale, à raison de 10 mg/ kg sans stop dose, de préférence à faire avaler 3 mois après la rentrée à l’étable.  

Attention, la lyse  de nombreux parasites en migration peut provoquer une réaction inflammatoire gravissime chez le bovin ! Ce traitement n’est justifié qu’en cas de forte infestation et pas tous les ans.

 

  • Prévention de l’infestation : comme pour la grande douve

La prévention repose sur l’éviction des bovins des zones humides, l’identification des gites à limnées et la mise en défends des bords de mares, ruisseaux et fossés. 

 

Auteur: Dr Emmanuel THEBAUD / VET’EL

Rédigé le : 1/12/15

Source : Maladies des Bovins - 4ème édition - Institut de l’élevage/Ed. France Agricole