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picto Le drenchage des bovins


L’administration de liquide par voie orale est toujours possible et devrait même être privilégiée sauf en cas d’obstruction digestive ou d’acidose lactique aiguë.  Elle a l’avantage de permettre d’administrer de grands volumes de liquide en peu de temps, ce qui serait dangereux par voie veineuse. C’est en outre la seule voie possible pour l’apport de quantité importante de potassium. Elle est souvent réalisée avant, après ou en complément de la voie veineuse.

 

Comment s’effectue le drenchage d’un bovin adulte ?

Pour l’adulte, le système de drenchage est branché à une pompe et généralement équipé d’une mouchette qui évite d’avoir à tenir le tube durant le pompage. Il est assez impressionnant, compte tenu de la grande quantité de liquide administré (classiquement jusqu’à 50 litres) mais assez facile à mettre en œuvre même pour une personne seule.

Les risques d’accident sont limités si on introduit la sonde avec délicatesse et qu’on s’assure qu’elle est bien dans l’œsophage et non la trachée ! Attention néanmoins aux vaches couchées en hypocalcémie dont le réflexe de déglutition peut être altéré.

 

Quand drencher une vache ?

Le drenchage de la vache est surtout utilisé après vêlage pour lui faire avaler des nutriments peu appétents, pour compenser le manque d’appétit au péripartum, pour lui administrer des sels de calcium afin de réduire les risques de fièvre de lait ou du propylène glycol pour la prévention et le traitement de l’acétonémie.

L’intérêt mécanique de la grande quantité d’eau apportée par le drenchage n’est en revanche pas scientifiquement prouvé : il pourrait compenser rapidement la perte de fluides lors de la mise-bas et permettre un meilleur démarrage de la production laitière. En remplissant le rumen, il serait susceptible de diminuer le risque de déplacement de caillette.

 

Le drenchage est également préconisé quand la vache ne s’alimente pas naturellement.

 

Pour rappel, il est aussi possible de tirer partie de la soif intense de la vache immédiatement après vêlage en lui proposant  plusieurs seaux d’eau tiède dans laquelle seront ajoutées des préparations pour drenchage et qu’elle boira spontanément. Il s’agit alors d’une sorte de « drenchage naturel », ne nécessitant pas de technique particulière.


Le drenchage du veau peut s’effectuer à l’aide d’un calf-drencher.

Quand est-il utile de réaliser un drenchage chez le veau ?

Les diarrhées néonatales représentent la principale cause de mortalité des veaux. La diarrhée provoque une déshydratation et des troubles métaboliques dont l’acidose qu’il convient d’abord d’estimer avant de les  corriger le plus précocement possible. On tient compte de l’attitude et de la vigilance du veau, de l’enfoncement des yeux, de la température rectale et des extrémités, de la persistance du pli de peau, de la sécheresse de la bouche, du réflexe de succion…

Le traitement fait systématiquement appel aux solutions de réhydratation orale (SRO), complétées par une perfusion en cas de déshydratation ou d’acidose importante (diarrhée abondante et brutale des veaux de moins de 3 jours) ou de dégradation rapide de l’état général.

Les SRO peuvent se donner au seau ou au biberon si le veau tête encore ; dans le cas contraire, on utilisera le drenchage, à l’aide d’un appareil de type « calf drencher », ou une sonde œsophagienne branchée sur un bidon.


 Avec quoi drencher un veau déshydraté ?

La quantité de liquide administrée doit à la fois couvrir les besoins d’entretien (5L), corriger la déshydratation (par exemple 2,5L pour un veau de 50 kg déshydraté à 5%) et tenir compte des pertes fécales (2L).

On parvient donc couramment à des volumes de 8 à 10 litres de liquide à donner au veau malade. Cette quantité est très souvent sous-estimée en élevage : un sachet repas pour 2 L d’eau, 2 à 3 fois par jour ne suffit pas !

Si toutes les SRO apportent des électrolytes (sodium, chlorure et potassium principalement), de l’énergie en quantité très variable pour éviter l’hypoglycémie et favoriser l’absorption des électrolytes ainsi que des substances tampon ou alcalinisantes, pour lutter contre l’acidose, toutes ne sont pas

équivalentes. Avant de choisir quelle solution acheter et utiliser, un conseil vétérinaire est très utile !

 

Quelles précautions adopter pour drencher un veau ?

Techniquement, le drenchage du veau doit se faire avec quelques précautions : le matériel doit être correctement nettoyé, l’embout de la sonde lisse et non machouillé pour ne pas générer de lésions de l’œsophage.

Idéalement, on procède sur un veau debout ou à défaut couché sur le sternum, tête vers le haut mais pas en extension. La sonde est introduite pliée, délicatement mais à fond puis on relève le bidon. Il faut également plier la sonde avant de la retirer afin que du liquide ne s’écoule pas dans la trachée pendant le retrait.

Le calf drencher peut également s’utiliser pour donner le colostrum à des veaux qui ne tètent pas bien ou quand on veut s’assurer de la quantité prise par le veau. Il est préférable de réserver un drencher aux veaux malades et un autre pour l’administration du colostrum, pour éviter les contaminations microbiennes.